Mobilité des collaborateurs
08.01.2026
5 min de lecture

Norme CAFE : la réglementation qui redessine la flotte automobile

Margot ROCHARD
Marketing & Communication FR
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Ce qu’il faut retenir :

- La norme CAFE, en vigueur depuis 2021, impose aux constructeurs une réduction progressive des émissions moyennes de CO₂ des véhicules neufs.

- Bien qu’elle s’adresse aux constructeurs, ses effets impactent directement les entreprises via l’évolution de l’offre automobile et des coûts.

- Les objectifs européens s’intensifient à l’horizon 2030, avec une pression accrue sur l’électrification des gammes.

- En décembre 2025, la Commission européenne a assoupli le cadre post-2035 pour les véhicules thermiques, sous conditions de compensation des émission

- En parallèle, Bruxelles renforce fortement le verdissement des flottes des grandes entreprises avec des objectifs chiffrés dès 2030.

- En France, la norme CAFE s’additionne à une fiscalité automobile dissuasive pour les véhicules thermiques.

- Les grandes entreprises doivent anticiper dès 2026 leurs choix de mobilité pour maîtriser le TCO et rester conformes à la réglementation.

- L’électrification des flottes est un levier stratégique central de la politique climatique européenne.

La norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy / Corporate Average Fuel Emissions) est aujourd’hui l’un des principaux moteurs de transformation du marché automobile européen. Elle s’adresse directement aux constructeurs automobiles mais ses effets se répercutent de manière concrète sur les entreprises et les gestionnaires de flotte en influençant l’offre de véhicules, les coûts et les stratégies de renouvellement.

En 2026, la norme CAFE s’inscrit dans une trajectoire de durcissement progressif qui impose aux entreprises d’anticiper dès maintenant leurs choix de mobilité pour ne pas les subir demain. Cette trajectoire s’inscrit désormais dans un contexte européen en pleine recomposition, marqué par les annonces de la Commission européenne de décembre 2025 sur le verdissement des flottes et l’évolution du cadre après 2035.

 

1- Comprendre la norme CAFE : de quoi s’agit-il ?

La norme CAFE est une norme européenne datant de janvier 2021 pour les constructeurs automobiles en Europe. Elle a pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre en imposant des quotas d’émissions de CO² aux constructeurs.

Pour les constructeurs, elle se calcule sur l’ensemble des véhicules neufs immatriculés sur une année donnée, elle repose sur une moyenne globale intégrant toutes les motorisations :véhicules électriques, hybrides rechargeables, hybrides, véhicules thermiques.

 

Norme CAFE : ses objectifs et sa trajectoire

La norme CAFE s’inscrit dans une trajectoire à long terme définie par l’Europe. En voici ses principaux objectifs :

- 2025 : un objectif d’abaisser les émissions moyennes à 81 g de CO²/km par véhicule neuf (réduction d’environ 15 % par rapport au niveau de référence).

- 2030 : une moyenne souhaitée d’environ50 g/km

- 2035 : une fin initialement « programmée »de la commercialisation des véhicules thermiques neufs dans l’Union Européenne mais assouplie par la commission européenne le mardi 16 décembre 2025dernier.  

 

Après 2035, les constructeurs pourront certainement commercialiser des modèles essence, diesel, hybrides, hybrides rechargeables dans l’UE à condition de compenser les émissions de CO²générées par ces véhicules.

En 2026, la norme CAFE continu de contraindre les constructeurs automobiles en imposant une réduction progressive des émissions de CO² des véhicules neufs. Année après année, le parc automobile européen devient moins émetteur, ce qui permet de réduire l’impact du transport routier sur le climat et de respecter les engagements environnementaux européens.

D’après L’argus on constate entre2021 et 2024 une baisse d’environ 9 à 10g/km des émissions de CO₂ des voitures neuves en Europe ce qui représente une diminution d’environ 8–9 % sur cette période, malgré des fluctuations liées aux évolutions du mix énergétique et du marché. Cette dynamique va surement ralentir compte tenu des ventes plus modérées des véhicules électriques.

 

2 - Un impact sur l’offre automobile et les entreprises

Afin de respecter les objectifs d’émissions moyennes de CO₂, les constructeurs sont contraints de proposer une offre automobile adaptée. L’électrification de leurs gammes est accélérée, on retrouve moins de motorisations thermiques et surtout moins de grosses motorisations plus émettrices. On observe une montée en gamme de certains modèles et des prix revus à la hausse. Concrètement sur le marché, il y a moins de choix en véhicules thermiques, moins de fantaisies possibles.

Pour les entreprises et les gestionnaires de flotte, ces évolutions impliquent une adaptation stratégique du parc. Le choix des véhicules est plus contraint et fait l’objet d’un arbitrage entre usages, coûts et conformité réglementaire. Indirectement la norme CAFE se traduit par des impacts financiers indirects, une nécessité de maîtriser le TCO et l’intégration progressive des véhicules électriques dans les flottes.

 

L’effet cumulatif de la norme CAFE et la fiscalité 

En France, la norme CAFE ne s’applique pas isolément. Elle agit en complément direct de la fiscalité automobile, dont l’objectif est également d’orienter les choix vers des véhicules moins émetteurs. Les véhicules thermiques restent autorisés à la vente et à l’usage, mais leur coût total de détention (TCO)augmente sensiblement. À l’achat ou en leasing, les taxes et malus pèsent davantage, tandis qu’à l’usage, la fiscalité récurrente et les coûts d’exploitation réduisent leur compétitivité économique face aux véhicules électrifiés.

 D’un côté, la norme CAFE pousse les constructeurs à réduire les émissions moyennes de leurs véhicules neufs, transformant ainsi l’offre disponible sur le marché. De l’autre, la fiscalité française renforce cette dynamique en pénalisant financièrement les véhicules les plus polluants à travers plusieurs leviers :

  • un malus CO₂ progressivement durci
  • des taxes annuelles calculées en fonction des émissions
  • des plafonds d’amortissement moins favorables pour les véhicules fortement émetteurs.

A ce cadre s’ajoute désormais une nouveauté majeure : la commission européenne fixe pour la première fois des objectifs chiffrés de verdissement des flottes des grandes entreprises. À partir de 2030, les États membres devront veiller à ce qu’une part significative des nouvelles immatriculations de flottes soit composée de véhicules à émissions nulles ou faibles.

Pour la France, les seuils communiqués sont les suivants :

-           2030 : 69 % de véhicules à émissions nulles et faibles, dont 45 % 100 % électriques

-           2035 : 95 % de véhicules à émissions nulles et faibles, dont 80 % zéro émission

Ces objectifs concernent les grandes entreprises (+250 collaborateurs ou +50M de CA) et renforcent la pression économique sur les flottes thermiques, déjà impactées par la loi LOM, la taxe annuelle incitative (TAI) dès 2026 et la réforme des avantages en nature.

 

3- Anticiper pour mieux piloter sa flotte automobile

La norme CAFE est aujourd’hui un cadre règlementaire qui redessine le marché automobile et la gestion de flottes des entreprises. Bien qu’elle ne se s’adresse pas directement aux entreprises, elle modifie profondément l’offre de véhicules et associée à la fiscalité française et les nouvelles orientations européennes sur le verdissement des flottes, renforce les contraintes économiques pesant sur les flottes automobiles.

La mesure d’assouplissement du cadre post 2035 par l’UE ne change pas les objectifs climatiques. En 2030, les flottes d’entreprises restent au cœur de la stratégie ! En 2026,l’accélération progressive continue et impose aux entreprises d’anticiper leurs choix de mobilité intelligemment dans l’objectif de piloter la flotte et d’éviter les surcoûts à terme.

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